2050: Objectif A ? Vraiment ?

Mis à jour : 12 déc. 2020



La Région Wallonne a dévoilé quelques chiffres statistiques concernant les audits logements et les primes. Ces chiffres sont interpellants et posent un certain nombre de questions quant à la capacité et même la faisabilité d'atteindre les objectifs annoncés, c'est-à-dire le label énergétique A en moyenne pour l'ensemble des logements wallons d'ici 2050.


Des chiffres plutôt décevants

Si on met ces résultats en perspective, eu égard aux objectifs annoncés pour 2050 et aux différents scénarios qui circulent concernant la rénovation des logements, force est de constater que nous sommes loin du compte.

(1): ces budgets moyens ne concernent que les parties énergie, salubrité et sécurité des projets de rénovation des propriétaires. Ces budgets peuvent donc être très partiels au regard de la rénovation globale d'un logement, pour lequel il pourrait y avoir des investissements autres (et tout aussi légitimes) tels qu'une extension, la rénovation de la cuisine et/ou de sanitaires, les parachèvements internes, etc. Dès lors que le coût moyen d'achat d'une maison en Wallonie est de l'ordre de 235.000€, frais d'achat compris, dès lors d'autre part qu'on voit les budgets à allouer pour atteindre l'objectif énergétique A, qui se rajoutent aux autres priorités des propriétaires, des questions se posent quant à la capacité des ménages de mobiliser de telles sommes en plus du simple achat de leur maison.


(2): les rapports de suivis concernent pour la plupart de ceux qui ont été déposés, les premiers bouquets - donc les premières étapes - des projets de rénovation des propriétaires de logements. Il est donc très probable que rares sont les logements objets des primes qui atteignent l'objectif A à l'heure actuelle. D'autre part, ces statistiques ne tiennent compte que des logements qui sont entrés dans les processus des primes à la rénovation et à l'énergie.


Les auditeurs en première ligne...

Si nous nous intéressons plus particulièrement aux auditeurs, qui sont en première ligne du processus de rénovation des logements et des primes à la rénovation et à l'énergie, on peut se poser des questions de leur capacité à répondre à l'objectif annuel. En effet, étant donné le nombre actuel d'auditeurs agréés tels que répertoriés sur les listes publiques de la Région Wallonne, il faudrait que chaque auditeur réalise 107 audit par an en moyenne pour que l'objectif soit atteint. Évidemment, l'analyse est un peu grossière, puisque cela sous-entend simultanément que tous les auditeurs arrivent en moyenne à ce niveau d'activité et d'autre part que tous les projets de rénovation passent par le processus des primes, ce qui n'est évidemment pas le cas. Mais alors, on perd la trace statistique d'une parties des bâtiments rénovés et il devient compliqué de soutenir avoir atteint les objectifs si une proportion non négligeable des logements échappent au suivi des dits objectifs.


...et les travaux en perspective

Il y a aussi les autres acteurs de la construction, et plus particulièrement les entrepreneurs. D'après la Confédération Construction Wallonie, il faudra double voire tripler pour les scénarios les plus ambitieux le nombre de travailleurs actifs dans le secteur de la rénovation (énergétique) des bâtiments pour atteindre les objectifs. Cette main d'oeuvre supplémentaire ne peut arriver d'un coup sur le marché. "Le réalisme dépend surtout de la manière dont les mesures sont mises en place pour accélérer la rénovation énergétique, entre autre la mobilisation et la formation des travailleurs. Cela doit se faire de manière progressive, il est clair que former 20.000 nouveaux travailleurs ne se fait pas en 6 mois !"


Un fameux goulot

Dès lors, on voit bien que l'on risque d'arriver à un goulot d'étranglement, puisqu'il faudra un délai de latence avant que l'ensemble des acteurs de la chaîne de la rénovation, auditeurs, architectes, entrepreneurs, etc - et même administration régionale -, arrivent à leur capacité optimum pour absorber les gigantesques défis de la rénovation des logements. Or, chaque mois passé en sous-capacité augmente d'autant la difficulté d'atteindre les objectifs.


Il y a donc plus qu'urgence.


Il faut dès à présent;

  • augmenter les capacités de rénovations des logements;

  • augmenter le rythme des rénovations,

  • faire disparaître les freins administratifs et procéduraux;

  • monitorer les procédures et processus de rénovation pour avoir une idée précise du suivi ou pas des objectifs annuels;

  • impliquer le secteur bancaire dans le financement des objectifs de rénovation des logements;

  • etc...

Mais surtout; concerter, écouter, répondre et faire confiance aux acteurs de terrain, les auditeurs logement en particulier. Maintenant. Demain, il sera trop tard.


Fameux boulot.


L'équipe PEEB.BE.

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